Institut de Médiation Animale

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La Médiation Animale


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L’engouement de la France pour ces nouvelles techniques est très récent et il faudra du temps pour que les activités associant l’animal prennent véritablement leur place au sein des établissements de santé. A ce jour on ne peut pas encore en recenser le nombre exact, car il s’agit d’activités menées de façon sporadiques et individuelles.

Seule l’AFIRAC (Association Française de Recherche sur l’Animal de Compagnie) a pris l'initiative, en 1999, de réunir, au sein d'un groupe de travail : le GRETFA (Groupement de Recherche en Thérapie Facilitée par l’Animal), des spécialistes de disciplines très diverses : médecin, éthologue, psychologue, biologiste, vétérinaire…avec comme objectif de définir ce que recouvrent les Activités Associant l'Animal (AAA) et faire accepter et reconnaître, par les professionnels de la santé et de l'éducation, leurs effets positifs auprès des populations qui en bénéficient. 


La définition

Malgré cette nouvelle terminologie, pour définir de façon globale ces activités on peut retenir la définition de la zoothérapie comme une « activité qui s’exerce sous forme individuelle ou de groupe à l’aide d’un animal familier soigneusement sélectionné et entraîné, introduit par un intervenant qualifié, dans l’environnement immédiat d’une personne chez qui l’on cherche à susciter des réactions visant à maintenir ou à améliorer son potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif »

L'historique

N’oublions pas que l’utilisation de l’animal dans un cadre de santé remonte à loin, dès 1792, l’institut psychiatrique de York Retreat commençait à l’appliquer avec certains patients. Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes fut l’une des pionnières dans l’utilisation d’animaux afin d’améliorer la qualité de vie des patients. Elle avait gardé une tortue dans l’hôpital durant la guerre de Crimée (1854-1858) car elle avait remarqué que la présence de cet animal diminuait l’anxiété et réconfortait.En 1867 en Allemagne une expérience similaire fut menée avec des patients épileptiques. En 1901 en Angleterre, le cheval était utilisé pour les promenades des patients voire même pour leur rééducation…

Il fallut attendre que Boris Levinson, psychiatre américain, observe cette relation entre un enfant replié sur lui-même et un chien pour que le terme de « zoothérapie » apparaisse dans ses publications en 1962. Selon lui, ce dernier est utile à l’homme dans ses stades les plus vulnérables de la vie. Il fut un des premiers à intégrer un animal dans les séances de thérapie et à l’utiliser aussi comme outil thérapeutique secondaire.

Durant les années 1960, Ange Conderet, vétérinaire de Bordeaux collabora avec un psychiatre le Dr Soubra, qui lui permit d’introduire sa chienne auprès d’enfants psychotiques il nota : une amélioration du comportement de ces enfants, un retentissement sur leurs relations avec les autres enfants et le personnel soignant, lorsque le chien intervient dans leur programme thérapeutique à titre de simple visiteur.

Au début des années 1980,un couple de psychiatres américains Mr et Mme Corson travaillaient dans un centre pour adolescents perturbés, utilisant les traitements classiques : neuroleptiques et même électrochocs. Un chenil était contre le centre, et ils se rendirent compte que certains jeunes sortaient de leur mutisme et demandaient à jouer avec les chiens et à s’en occuper. Des chiens furent confiés aux malades incapables d’entrer en relation avec autrui, en espérant qu’ils entrent en relation avec l’animal, et que cela se généralise aux autres humains. Cette expérience se fit sur 30 patients, résultat l’animal à un effet catalyseur de relations sociales, certains patients se mirent à prendre la parole. Au début la relation s’instaurait entre le malade et l’animal puis s’incluait aussi le thérapeute, les autres patients et l’équipe soignante. De plus, l’ambiance du centre devint de plus en plus chaleureuse grâce à la présence animale, et il y eut aussi des effets positifs sur les autres patients simples observateurs.

C’est à partir des années 1980 que les Anglo saxons ont étudié activement les interactions homme-animal. Dès lors les publications se succèdent sur les bénéfices de l’animal sur l’être humain, et plusieurs conférences internationales ont lieu sur ce thème.

Il en ressort que :
- caresser un animal réduit la tension artérielle et le rythme cardiaque (Katcher, Friedmann, Thomas 1983).
- les possesseurs d’un animal familier ont statistiquement un taux de cholestérol et triglycérides moins élevés que les non possesseurs.
- la compagnie d’un chien permet de mieux surmonter des événements difficiles (décès, maladie, divorce) et de diminuer le stress lié au mode de vie contemporain (Bergler 1992)
- posséder des animaux aide les enfants à se faire des amis (Serpell 1986).
- l’animal facilite la maturation psychoaffective et psychomotricienne des adolescents, il canalise et contient l’agressivité (Einis, gunstern, stavitski et Ross 1995).
- chiens et chats placés dans des établissements gériatriques agissent sur les pensionnaires comme des catalyseurs de relations sociales (Gorson 1981).

La relation homme-animal est inscrite dans l'histoire : il y a maintenant plus de dix mille ans que l'animal vit auprès de l'homme. Cette relation a évolué à travers le temps et les cultures, passant du statut d’animal utilitaire à celui d’animal de compagnie. Presque chacun de nous a une histoire de vie marquée par une présence animale.

Selon Boris Cyrulnik éthologue et neuropsychiatre, les premiers mots de l’enfant sont : papa, maman, et woua-woua, ceci étant la preuve de l’attachement de l’être humain aux animaux.


Une enquête FACCO / TNS Sofres de 2003 sur la population animale révèle que 51 % des foyers français possèdent des animaux familiers. On apprend que 27% des français sont propriétaires d’au moins un chien, et 25,6% au minimum d’un chat, et enfin 43,7% ont au moins un chien ou un chat. Sans parler des autres animaux tels que poissons, oiseaux, rongeurs… 

Lorsque l’on interroge ces propriétaires on apprend que l’animal de compagnie est considéré comme un membre de la famille, qu’il est un élément de stabilité, d’équilibre et de bien être dans le foyer.

Extraits de l'étude "Un soignant qui a du chien !" par Edith Chambenoit